Droit au logement

Gatineau, le 3 novembre 2003

Monsieur Philippe Couillard
Ministre de la Santé et des Services Sociaux
Édifice Catherine-de-Longpré
1075, chemin Sainte-Foy, 15e étage
Québec (Québec)
G1S 2M1

OBJET : Projet d’habitation communautaire de 26 chambres pour personnes seules et fragilisées, porté par l’osbl d’habitation Mon Chez Nous, en péril.

Monsieur le Ministre,

Notre organisme s’associe à la campagne d’appui de l’osbl d’habitation Mon Chez Nous pour réclamer votre intervention en faveur de la survie d’un projet de 26 logements sociaux pour personnes seules, fragilisées et à risque d’itinérante, situé au 18 de la rue Hamel, à Gatineau.

En pleine crise du logement, nous trouverions inadmissible qu’un tel projet ne puisse être ouvert, parce que le réseau de la Santé et des Services sociaux lui refuse son appui financier. Tous les intervenants s’entendent pourtant pour considérer que le « support communautaire » est un outil indispensable à un projet comme celui de la rue Hamel qui permet d’offrir un toit, mais aussi plus qu’un toit, à des personnes aux prises avec de grandes fragilités.

Le support communautaire en logement social se distingue des interventions spécialisées relevant du secteur de la santé et des services sociaux, il s’inscrit tantôt en continuité, tantôt en complémentarité avec les actions des autres secteurs du développement social. Il facilite et rend possible des actions intersectorielles entre l’habitation et le réseau de la santé et des services sociaux. Priver les personnes fragilisées de toute possibilité d’avoir accès à des ressources de support communautaire c’est les priver de la possibilité d’exercer adéquatement leur DROIT AU LOGEMENT et d’obtenir un toit permanent. C’est, dans les faits, les priver d’avoir un lieu à partir duquel ils pourront bâtir ou rebâtir leur vie.

Malgré ces avantages avérés, le gouvernement du Québec ne reconnaît toujours pas son rôle essentiel en cette matière via une véritable politique de financement du support communautaire et le finance rarement. Quand il existe, ce financement est trop souvent assuré sur une base de projet, par des programmes qui ne lui sont pas destinés, et limité dans le temps, ce qui oblige les osbl d’habitation comme Mon Chez Nous à toujours tout réinventer quand ce n’est pas de reprendre à zéro à tous les ans.

Aussi, dans l’immédiat, nous considérons que l’urgence est de sauver ce projet qui pourra venir en aide à 26 personnes dès le prochain mois et, par la suite, d’adopter une politique permettant d’assurer un financement suffisant pour le soutien communautaire et ce, dans tous les projets de logement social qui, en Outaouais et au Québec, s’adressent à des personnes éprouvant des difficultés particulières au niveau de leur accès à un logement.

Il est temps que cesse les interventions de sauvetage à la pièce et qu’une véritable politique de financement vienne reconnaître le support communautaire pour ce qu’il est : une intervention de prévention pour l’amélioration de la santé de populations à risques.

En espérant que vous porterez une attention particulière à cette demande et que l’osbl d’habitation Mon Chez Nous pourra rapidement obtenir l’aide financière requise lui permettant de procéder à l’ouverture de ce dernier projet de 26 chambres. Dans cette attente, veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, nos sincères salutations.

Dino Lemay,
Conseiller régional FTQ
819 777-5441

C.c. M. Benoît Pelletier, ministre responsable de l’Outaouais
Logemen’occupe