La réélection d’un gouvernement conservateur serait catastrophique pour l’Outaouais

Photo : Francine Bourré

Gatineau, le 15 septembre 2015. – Quatre organisations syndicales ont mis en garde la population contre la réélection d’un gouvernement conservateur en rappelant les politiques Harper qui ont eu des impacts sans précédent sur les travailleuses et travailleurs ainsi que sur les citoyennes et citoyens de la région.

Enlever aux travailleurs la possibilité d’être représentés

« Ce n’est un secret pour personne, les conservateurs n’aiment pas que les travailleurs s’organisent pour défendre leurs droits et pour tenter d’empêcher ou de minimiser les politiques rétrogrades du gouvernement, souligne le président du Conseil central de l’Outaouais (CSN), Michel Quijada. En faisant adopter des projets de loi comme C-377 et C-525 à toute vapeur, ils ont voulu couper les ailes aux syndicats qui défendent les travailleurs. »

Avant de lancer la campagne actuelle, Stephen Harper s’est empressé de faire passer son projet de loi C-377, qui oblige tous les groupes syndicaux à dévoiler chacune de leurs dépenses de plus de 5000 $. Son gouvernement a aussi fait adopter le projet de loi C-525 pour rendre plus difficile le processus d’accréditation syndicale dans les organisations fédérales et pour limiter la capacité des fonctionnaires fédéraux à se syndiquer.

« C-525 permet aux employeurs fédéraux d’intervenir davantage dans les processus d’accréditation et ouvre la porte à l’ingérence des employeurs à l’égard des droits démocratiques des travailleurs et du droit à la négociation collective », dénonce pour sa part Larry Rousseau de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

Enlever aux chômeurs le bénéfice du chômage

La réforme de l’assurance-emploi constitue un autre élément désolant du bilan du gouvernement conservateur, puisque ses conséquences viennent accentuer l’insécurité et la précarité sur le marché du travail, en plus de frapper de plein fouet certaines industries.

« Avec la création de trois catégories de prestataires et les obligations différentes de recherche d’emploi en vertu d’une nouvelle définition de l’emploi convenable, l’accès aux prestations ainsi que leur durée sont encore plus restreints pour des milliers de personnes », rappelle Dino Lemay de la Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ).

Bien que certaines régions connaissent une proportion plus importante d’emplois saisonniers, il n’en demeure pas moins que plusieurs secteurs économiques de l’Outaouais dépendent également de ce type d’emploi. « Les domaines de la construction, du tourisme, du transport scolaire et de l’enseignement dans la région sont particulièrement touchés par la réforme, puisque de nombreux salariés occasionnels et à contrat s’y retrouvent », souligne-t-il aussi.

Enlever à la population une information de qualité

Le mépris des conservateurs envers le diffuseur public et une saine démocratie s’exprime par ailleurs dans les nombreuses coupes à Radio-Canada. « Les compressions monstres qu’ils lui ont fait subir à répétition, la baisse de bulletins d’information en région, les milliers de pertes d’emplois, la diminution des ressources pour la production d’information sur la scène internationale ont porté une atteinte sérieuse à la fonction démocratique de l’information, essentielle pour notre société », ajoute Michel Quijada.

« De nombreuses mesures des conservateurs, dont plusieurs qui concernent directement les femmes sont intolérables, s’exclame pour finir Sylvain Gendron du SFPQ. Rappelons-nous seulement le refus de Stephen Harper de mettre en place une enquête nationale sur les disparitions de femmes autochtones, le refus d’adopter une loi proactive sur l’équité salariale, l’abolition du registre des armes à feu ou encore les réductions importantes à Condition féminine Canada. Non, la grande majorité de la population n’a vraiment aucun intérêt à ce que le gouvernement Harper soit reporté au pouvoir », conclut-il.

À propos

Ces quatre organisations syndicales représentent des milliers de travailleuses et travailleurs dans la région de l’Outaouais provenant des secteurs publics et privés.