Mini-centrales électriques sur la Gatineau

La multinationale Énergie MacLaren et la communauté algonquine de Kitigan Zibi envisagent la construction de deux mini-centrales électriques sur la rivière Gatineau soit l’une sur les rapides des Cèdres à Bouchette et l’autre à Grand-remous. Que faut-il penser de tout ça ?

Tout d’abord, il est un peu étonnant que les défenseurs traditionnels de la nature que sont les communautés autochtones soient maintenant des promoteurs de barrages. Que faut-il penser aussi de Énergie MacLaren qui aurait promis 3 millions de $ aux municipalités impliquées si elles donnent leur appui ?

Àprès 150 ans de drave, la Gatineau a enfin été nettoyée des billes de bois et une nouvelle vocation récréotouristique semble se dessiner pour elle. Un festival des eaux vives attire chaque année plus d’un millier de kayakistes et de canoteurs qui descendent les mêmes rapides qui intéressent les promoteurs des mini-centrales. Que vaudront, à long terme, pour les municipalités le développement de ces nouvelles activités ? Sûrement plus de 3 millions $.

Mais si on s’attaque au problème de fond, plusieurs autres questions se posent :

  • Pourquoi tous ces projets de mini-centrales privées au Québec ? Hydro Québec a t-elle besoin de cette énergie ? On peut en douter. Il paraît qu’Hydro Québec a même des surplus
  • Combien d’emplois récurrents créeront ces mini-centrales ? Fort peu, s’il faut se fier aux expériences existantes. Quelques emplois, moins de dix certainement pour les deux centrales.
  • Serions-nous en train de gaspiller le trésor sauvage et naturel qu’est la rivière Gatineau seulement pour exporter des surplus d’électricité aux USA ? Une énergie que nous devrions racheter à des promoteurs privés qui ne construiront certainement pas ces barrages par philanthropie ! Que va en retirer la région ?
    Nos relations avec les autochtones sont excellentes et, selon eux, les revenus générés par les mini-centrales représenteraient la planche de salut vers leur plus grande autonomie financière. Mais à quel prix ?

Le Conseil devra se positionner sur ce dossier à sa prochaine assemblée générale.